BOTULISME : 2 CAS SEVERES EN ILE ET VILAINE, RAPPEL DU MODE DE CONTAMINATION
Actualité publiée le 26-08-2008
Nutrition - pathologie
Deux cas de botulisme familiaux sévères ont été déclarés à la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS) d’Ile et Vilaine le 11 août 2008. Les 2 personnes atteintes (mère et fille) ont débuté leurs symptômes le samedi 9 août et ont été hospitalisés le jour même. Les deux patientes présentent une forme sévère de botulisme nécessitant des soins en réanimation.
"Les deux patientes avaient consommé le 8 août au soir un plat mexicain d’origine industrielle : « Enchiladas au poulet » de marque Companeros. Ce plat composé de trois ingrédients : 2 galettes, un sachet avec du fromage et un sachet contenant la préparation avec du poulet a été reconstitué puis réchauffé au micro-onde. Ce produit frais qui doit être conservé au froid, aurait été conservé à température ambiante pendant 15 jours avant sa consommation. La conservation à température ambiante est une condition favorisant la production de neurotoxine par la bactérie Clostridium botulinim."
"Un rappel du lot 08/190 a été effectué par l’industriel le 13 août. Un retrait et un rappel complémentaires des autres lots d’« Enchiladas au poulet » et « Fajitas au poulet » de même marque a été réalisé. Les produits portant le numéro de lot 08/190 avec une date de consommation au 7 août 2008 ne sont donc pas les seuls lots concernés par ce retrait/rappel."
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| Clostridium botulinim |
Rappels :
Epidémiologie :
Le botulisme est une maladie rare en France qui fait l’objet d’une Déclaration obligatoire. 64 cas ont été déclarés de 2004 à 2007 (21 en 2004, 23 en 2005, 9 en 2006 et 11 en 2007) : aucun n’ayant provoqué de décès. Cinq cas ont été déclarés en 2008 (dont les 2 cas d’Ile et Vilaine).
Mode de contamination
& process d’inactivation :
- Le botulisme est une maladie non contagieuse, liée à l’ingestion d’une puissante neurotoxine bactérienne (la toxine botulique) produite par des germes du genre Clostridium botulinim.
- Le développement de C. botulinum ne peut se faire qu’en anaérobiose.
- Dans des conditions impropres à son développement, C. botulinum forme des spores qui permettent à la bactérie de survivre dans l’environnement. Ces spores sont très résistantes à la chaleur. Leur inactivation nécessite une exposition à une température de 120°C pendant au moins 20 minutes (chaleur humide, exemple : dans les autoclaves ou autocuiseurs).
- En ce qui concerne la neurotoxine produite par C. botulinum, cette dernière résiste relativement à la chaleur : elle est inactivée par la cuisson à une température de 100°C pendant 10 minutes.
Produits à risques :
Le botulisme alimentaire, dans la grande majorité des cas est lié à l’ingestion d’une préparation carnée (pâté, terrine, jambon). Ces aliments sont contaminés par C. botulinum ou ses spores lors de leur préparation. Puis, en l’absence d’un processus poussé de stérilisation préalable (salaisons, charcuteries ou encore conserves d’origines artisanale, industrielle ou familiale), la conservation de ces aliments contaminés en anaérobiose et à température ambiante (boîte de conserve ou emballage sous vide) va favoriser la croissance de la bactérie et la production par cette dernière de toxine.
Signes cliniques :
Les signes neurologiques caractéristiques de l’intoxination botulique sont : troubles de l’accommodation (sensation de vision floue), paupières tombantes, troubles de l'élocution, défaut de déglutition, sécheresse de la bouche. Dans les formes avancées, ils évoluent vers une paralysie descendante des membres et des, pouvant conduire à la mort, en cas de forte contamination et en l’absence de traitement.
Prévention :
- "L’observance des règles d’hygiène lors de la préparation des aliments (lavage soigneux), ainsi que le respect de bonnes pratiques de cuisson et de conservation pour les salaisons et les conserves artisanales sont les premières règles de prévention.
- Le respect de la chaîne du froid pour les produits alimentaires reste également un point important (C. botulinum voit sa croissance ralentie à la température de réfrigération).
- Enfin, il est toujours recommandé, au moindre doute, si le produit sur le point d’être consommé présente une couleur différente, une odeur anormale voire nauséabonde, en particulier si la boîte de conserve est déformée ou gonflée, de jeter le produit sans le consommer."
Sources :
AUTEUR
Pierre Pérochon, diététicien
Article publié le 22/08/08 |